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Parce que ça touche tout le monde.. #OctobreRose #Cancer

Octobre Rose

Aujourd’hui je vous parle d’un mois, d’une année, d’une maladie.
Parce que non, ça ne touche pas que les autres. Parce que ça n’arrive pas qu’à partir de 40 ans…

Je vais vous raconter une partie de mon histoire, pas pour me faire plaindre, je m’en sortirai, je me bat et je vais réussir. Mais pour vous montrer que ça n’arrive pas qu’aux autres..
Qu’on peut avoir la vingtaine et être touchée.. que j’aurai aimé le savoir moi aussi.

Petit prince n’avait que 3 mois, un tout petit bébé, et j’avais mal à cette boule sur mon sein. Je pensais que c’était dû à l’arrêt de l’allaitement. 3 Boules, une sous le bras, deux au sein droit.
Je suis allée voir le médecin, persuadée que c’était une boule de lait, ou quelque chose du genre. A mon âge, impossible que ce soit autre chose.. Le 16 décembre, juste avant noël le verdict tombe.. des tumeurs, agressives.. On me parle de chimiothérapie, de mammectomie.. un gouffre, je tombe encore et encore. On me dit que j’aurai un an de traitement et que ce sera terminé.

Puis vient le scanner.. celui qui montre des métastases… petites vilaines venues se glisser dans ma colonne vertébrale. L’oncologue me regarde: “Vous ne verrez pas grandir vos enfants… la situation, telle quelle est aujourd’hui vous laisse un an”. Une année.. une seule petite année près de mon amour, de mes deux merveilles. De ce deuxième petit bout de chou que je connais à peine. Ma vie s’effondre. J’ai peur de mourir, de laisser mes enfants, de laisser l’homme de ma vie. Pour eux c’est un cancer pas de bol, qui est venu se glisser pile quand on ne pouvait pas le détecter. Pendant cette grossesse si désirée. Un cancer pas de bol, toute l’histoire de ma vie. On me dit que quoiqu’il arrive je ne guérirai jamais, que les métastases seront toujours là, présentes. Que je ne pourrai plus jamais vivre sans cette épée de Damoclès au-dessus de ma tête. Que je serai peut-être toute ma vie, courte vraisemblablement, sous chimiothérapie..

Impossible de l’annoncer à mes proches.. Comment dire: “Je suis une morte en sursis” à ceux qu’on aime? Je l’ai caché, jusqu’à ce que mon oncologue, à qui je répète depuis le début que je vais vivre minimum 20 ans pour mes loulous, l’annonce à ma mère. Il y a des jours où je me dis que ce n’est pas une vie, qui voudrait vivre comme ça? Mais j’ai deux enfants et j’ai pris une décision..J’ai pris la décision de me battre et de réussir! De survivre.

Que vous ayez 20, 30 ou 40 ans, allez chez votre gynéco, demandez lui de vous montrer comment vous palper. Exigez qu’il vous le montre!
Ne le laisser pas vous dire que c’est très rare et que vous n’avez pas besoin de le faire pour le moment..
Car ça n’arrive pas qu’aux autres, et que plus tôt c’est pris, plus vous avez de chance!

Surveillez-vous, car personne ne vous connaît mieux que vous-même.

Et quoiqu’il arrive, quelque soit votre chemin, battez-vous, car tant qu’il y a de la vie.. il y a de l’espoir.

J’ai peur…

J’ai peur.. une peur qui me prend aux tripes. J’ai peur de mourir.

J’ai été confrontée plusieurs fois à des gens morts trop tôt…
Un père parti trop tôt, des amis partis encore plus tôt.. mais je n’aurai jamais imaginé être celle qui pourrait partir trop tôt.

La maladie fait que j’y suis confrontée, j’ai peur de laisser mes deux petits anges, de laisser mon mari.
D’être celle qui ne sera pas là pour eux, qui ne les verra pas
grandir, évoluer, se marier.
De ne pas pouvoir essuyer leurs larmes, les prendre dans mes bras, partager leur bonheur. Voir leurs sourires, entendre leurs éclats de rire.

Les engueuler parce qu’ils restent trop sur l’ordinateur, parce qu’ils mangent trop de conneries, parce qu’ils n’ont pas de bonnes notes.
Je veux les emmener à l’école, les emmener au collège, au lycée. Découvrir leurs premières copines, les détester.. Les voir me dépasser et me sentir toute petite quand ils me prendront dans leur bras.
Les voir être diplômés et les féliciter.
Savoir quels métiers ils vont faire, les voir aimer ce qu’ils font.
Leur apprendre que la vie est difficile mais qu’elle vaut la peine d’être vécue.. qu’il ne faut jamais souhaiter mourir car on n’a trop à perdre.
Que l’amour fait souffrir, mais qu’il apporte tellement plus.
Qu’il faut croire en la magie parce qu’elle rend le monde plus beau.

J’aimerai leur répéter qu’ils sont la plus belle chose qui me soit arrivée dans ma vie, que je n’aurai jamais assez d’amour pour leur montrer ce qu’ils m’apportent.
Que je les aime plus grand que les étoiles, le soleil et la lune.

J’ai peur que si la maladie m’emportent ils ne m’en veuillent de ne pas m’être assez battue pour eux, de ne pas avoir été assez forte.

J’ai peur que leur papa ne trouve pas une autre personne a aimer, soit malheureux, ne puisse plus sourire.
J’aimerai lui dire qu’il est celui que j’ai toujours voulu, le seul.
Que quand je l’ai croisé pour la première fois, même s’il était pris, il était celui que je voulais, je l’ai aimé tout de suite.

Je l’ai toujours trouvé beau, magnifique, parfait.
Et que j’ai toujours pensé qu’il était fait pour moi.
Malgré les épreuves je serai toujours restée près de lui, que j’aurai voulu qu’on ait plus d’enfants, qu’on vieillisse tout les deux ensemble main dans la main.

Peur de faire vivre encore un nouveau deuil à ma famille qui a déjà tant perdue.

Je me répète tous les jours inlassablement: “je vais y arriver, je vais m’en sortir, au moins jusqu’au 18 ans des enfants”…
Mais au fond je flippe, la pauvre mortelle que je suis est tellement consciente de la fragilité de la vie qu’elle sait à quel point c’est rapide.
Je pleure encore et encore en me disant que je vais survivre et réussir.

J’ai 24 ans et je ne veux pas mourir.. auparavant je souhaitais fuir ma douleur et ma tristesse, je n’aspirais qu’à une chose, en finir. Mais aujourd’hui j’ai des gens à qui je tiens, pour qui je donnerai ma vie, qui sont tout pour moi.
J’ai tellement de choses que je ne veux pas quitter, que je veux vivre, voir.
Je veux vivre…

J’ai peur 🙁 mais j’avance, et je me bats. Et je suis assez têtue pour y arriver!!

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